La saisie-attribution

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La saisie-attribution, ce qu'il faut savoir ... (par Marcel SARCIAUX)

15 mars 2000

 

L'examen des dossiers de nos adhérents, dans le cadre de la procédure d'exécution, concerne majoritairement la saisie-attribution. Voici mes observations sur cette question :

 

La loi du 9 juillet 1991 et le décret d'application du 31 juillet 1992 relatif à la réforme des procédures civiles d'exécution, ne prévoient que deux actes d'huissier, à savoir :

 

1. La saisie-attribution signifiée au tiers-saisi (banque ou particulier)
2. Le dénoncé au débiteur de l'acte précédent dans un délai de huit jours sous peine de nullité.
 

Le dernier alinéa de l'article 58 du décret du 31 juillet 1992 indique que "l'acte (le dénoncé) rappelle au débiteur qu'il peut autoriser par écrit le créancier à se faire remettre sans délai les sommes qui lui sont dues."

 

L'huissier lorsqu'il a obtenu ce document, se présente à la banque pour se faire remettre les fonds. Il n'est pas prévu d'acte d'huissier pour cette formalité. Cependant, je constate que dans des états de frais apparaissent souvent un procès-verbal d'accord et la signification de l'accord par acte d'huissier.

 

Ces deux actes sont illégaux et doivent être contestés !

 

Si le débiteur ne réagit pas, l'huissier se fait remettre par le greffe un certificat attestant qu'aucune contestation n'a été formée dans le mois de la dénonciation. (Ce certificat peut être établi par l'huissier). Sur présentation de ce certificat, l'huissier se met remettre par le tiers-saisi, les fonds bloqués.

 

Il n'est pas question dans les textes d'actes d'huissier !

 

Malgré ces dispositions, je vois apparaître dans les états de frais des huissiers des procès-verbaux de réquisition du certificat et de significations de ce certificat.

 

Là encore, ces deux actes ne sont pas prévus par les textes !

 

L'article 62 alinéa 1er du décret du 31 juillet 1992 précise :

"Celui qui a reçu le paiement en donne quittance au tiers saisi et en informe le débiteur."

 

Il n'est pas question non plus d'acte d'huissier !

 

Je remarque cependant à l'AREPS, que les états de frais font mentions de mainlevées et de significations aux débiteurs.

 

En réalité sur ces trois formalités, nous sommes en présence de SIX ACTES TOTALEMENT INUTILES, non prévus par notre droit et que l'on fait payer aux débiteurs.

 

NOUS CONSEILLONS DONC AUX JUSTICIABLES de demande à l'huissier de faire procéder à la vérification de l'état de frais, et DE LE CONTESTER DEVANT LE JUGE en formant opposition dans les délais prévus.

 

Certains huissiers opposent le décret n° 96-1080 du 12 décembre 1996 portant fixation du tarif des huissiers en matière civile et commerciale, ainsi que la liste des actes publiée dans celui-ci.

 

Mais, comme le rappelle justement un arrêt du Conseil d'Etat du 5 mai 1999, un décret ne peut pas modifier une loi. La saisie-attribution relève de la loi du 09 juillet 1991; elle doit être appliquée à la lettre !

 

En conclusion, le législateur a voulu simplifier l'ancienne procédure en supprimant un acte et les formalités judiciaires. La pratique des huissiers fait apparaître 6 à 8 actes au lieu de 3, ainsi que des état de frais qui dépassent souvent le montant de la créance.

 

Marcel SARCIAUX, mars 2000

Président de l'AREPS

- mars 2000 -


 

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page mise à jour le lundi 03 avril 2000